Créer de l’expérience sans surcoût : l’impression 3D culinaire en restauration

Cet article est basé sur une conférence sur l'expérience en restauration proposée par le Cercle Gastronome en octobre 2025. Il vise à présenter plus clairement notre analyse et notre vision de l'apport de l'impression 3D alimentaire pour les restaurants. Nous avons souhaité regroupé les exemples de nos clients évoqués au cours de cette conférence.

L’expérience en restauration n’a jamais été aussi centrale… ni aussi complexe à construire.
Notre rapport à l’attention a profondément changé. Écrans omniprésents, sur-sollicitation, flux continus d’images : les clients arrivent au restaurant avec un niveau d’exigence plus élevé, mais aussi avec un besoin fort de déconnexion, de plaisir et de réconfort.

Dans un contexte économique et sociétal anxiogène, le restaurant devient plus qu’un lieu où l’on mange bien : c’est une parenthèse, un moment choisi, parfois exceptionnel. Cette évolution n’est ni bonne ni mauvaise. Elle impose simplement aux restaurateurs de repenser la manière dont ils construisent l’expérience, sans jugement de valeur, mais avec lucidité.

L’expérience restaurant : ce qui ne change pas

Avant toute chose, rappelons l’essentiel.
L’expérience en restauration repose toujours sur trois piliers fondamentaux :

  • le personnel

  • le lieu

  • la cuisine

Aucune technologie ne remplacera jamais l’accueil, la qualité d’un service ou la justesse d’un plat. En revanche, les attentes autour de l’expérience globale ont évolué. Le restaurant est devenu, pour beaucoup de clients, un accès ponctuel à une forme de luxe ou de vie idéalisée, largement nourrie par les réseaux sociaux et les codes visuels contemporains.

Avec des additions pouvant atteindre 150 € par personne, l’expérience doit aujourd’hui être lisible, mémorable et partageable. Qu’on le veuille ou non, les restaurants vivent aussi à travers les notes Google, les photos postées et les stories Instagram de leurs clients.

Le spectacle n’est pas une nouveauté en restauration

Certains déplorent cette nouvelle situation, la décrivent comme le fossoyeur de la cuisine française, "la vraie". Même si personne n'est vraiment capable de décrire ce que c'est que La Cuisine, avec un grand C... Contrairement à certaines idées reçues, la restauration n’a jamais été un univers figé.

Les chariots de desserts, les crêpes flambées en salle ou les découpes devant le client sont des formes de spectacle qui existent depuis des décennies. Ce qui change aujourd’hui, c’est le langage du spectacle : plus visuel, plus narratif, plus scénarisé.

Quand le studio de design culinaire Coquillette invente une dîner immersif autour des tableaux de Vincent Van Gogh, les critiques nous semblent tout aussi injustifiées que celles visant des structures comme l'Atelier des Lumières, qui ne seraient des lieux declassés par rapport aux musées.

Certains chefs vont jusqu’à concevoir un véritable univers autour de leur carte, comme Marie Robert au Café Suisse, qui imagine des menus et des mises en scène inspirés de l’univers du cinéma, avec des codes proches de ceux d’une superproduction. Pour preuve, ce clip de lancement de sa nouvelle carte publié il y a quelques jours sur son compte instagram : 

L’expérience devient alors un prolongement du propos culinaire, et non un artifice.

L’impression 3D culinaire : un outil, pas une fin en soi

C’est précisément dans cette continuité que s’inscrit l’impression 3D culinaire.
Contrairement à l’image parfois véhiculée, il ne s’agit ni d’un gadget, ni d’une démonstration technologique gratuite. C’est un outil au service de l’expérience, pensé pour répondre à des contraintes très concrètes de restauration :

  • créer de l’étonnement sans augmenter la complexité opérationnelle

  • proposer une signature visuelle forte

  • personnaliser l’expérience sans exploser les coûts

Un biscuit personnalisé, un message intégré, un élément de décor comestible : ce sont parfois de petites attentions, mais leur impact sur la perception du client est réel. Dans une société où le besoin de reconnaissance est omniprésent, la personnalisation devient un levier puissant de différenciation.

C'est l'ambition qui nous a porté lors de la création de l'imprimante 3D culinaire Patiss3 et nous avons travaillé au fil des années pour intégrer les contraintes spécifiques liées au métier de la restauration.

Patiss3 : une imprimante 3D pensée pour la réalité opérationnelle des cuisines

Pour être adoptée durablement en restauration, l’impression 3D culinaire doit s’intégrer dans un process clair, reproductible et compatible avec les contraintes de productivité. Dans la pratique, elle fonctionne comme un outil de préparation en amont du service, au même titre qu’un moulage ou qu’une mise en place anticipée.

Patiss3 ne nécessitent pas de sacrifier la forme au goût. Les pièces sont imprimées à partir d'ingrédients naturels et classiques en cuisine (oeuf, creme, sucre, beurre, amidon de maïs...) en séries régulières, avec une grande constance de rendu. Cette reproductibilité permet de sécuriser l’esthétique, et de limiter les reprises manuelles. Une fois imprimés, les biscuits peuvent être stockés, assemblés, garnis ou finis selon les besoins, sans perturber le rythme du service.

D’un point de vue productivité, l’intérêt est double : le temps humain est déplacé de la fabrication complexe vers la création et l’assemblage, et la répétabilité permet de produire des éléments visuellement forts sans augmenter la charge de travail en coup de feu. L’impression 3D culinaire devient ainsi un outil d’optimisation, au service de la cohérence de la carte, de la régularité et de la rentabilité.

Avec une palette de produits finis qui s'etoffe au fil des mois (blé, sans gluten, charbon végétal, macaron) et les nombreuses recettes en R&D; l'imprimante 3D Patiss3 permet d'exprimer sa créativité à la fois en salé et en sucré.

Mais une impression 3D réussie, c'est toujours une équation à 3 piliers : 
- une bonne machine 
- un bon matériau (en l'occurrence une bonne recette)
- un bon fichier

C'est ce qui nous a poussé à créer pour les chefs des outils de design dédiés.

Rendre les chefs autonomes dans la création de leurs designs

Pour que l’impression 3D culinaire trouve réellement sa place en restauration, elle doit rester un outil fluide, accessible et compatible avec le rythme du service. C’est dans cette logique que nous avons développé des outils permettant aux chefs de créer eux-mêmes leurs designs, sans compétences techniques en modélisation 3D.

Des solutions comme ImageToGcode permettent de transformer simplement une image, un dessin, un logo ou un texte en fichier directement exploitable par l’imprimante. Le chef conserve ainsi la maîtrise de son intention créative, tout en réduisant les allers-retours, les délais et les coûts liés à l’externalisation du design.

Cette autonomie est un point clé de l’adoption en restauration : elle permet d’imaginer rapidement une attention personnalisée, un élément de décor ou un support narratif en lien avec une carte, un événement ou un client spécifique, tout en restant compatible avec les contraintes opérationnelles du quotidien.

Des réalisations concrètes, pensées par et pour les chefs

Les usages les plus pertinents de l’impression 3D culinaire sont aujourd’hui portés par les chefs eux-mêmes.
Chez nos clients, la technologie est utilisée comme un support de narration, jamais comme un effet isolé.

Quelques exemples emblématiques réalisé au cours de l'année 2025 :

  • le panier de fruits du Drugstore par Éric Frechon

  • le panier de fraises du restaurant La Petite Plage à Saint-Tropez par notre client Matrice3D

  • la barquette de la Maison de Bacon, par notre client Matrice3D

  • le panier de myrtilles de la Ferme Saint-Amour

  • le biscuit personnalisé pour accompagner le café en hôtellerie

  • le fer-à-cheval du restaurant de Sixt-Fer à Cheval avec une forme inédite

  • le masque de mise en bouche imaginé par la cheffe Marie Robert pour une carte sur le thème de Mission Impossible

  • le carré noir, conçu dans le prolongement de ce même univers au Café Suisse

Dans tous ces cas, l’objet imprimé en 3D n’est pas un produit en soi. Il sert un concept, un thème, une intention. Il renforce la cohérence de la carte et participe à la mémorisation de l’expérience.

Le dessert face à un nouveau niveau d’exigence

Un autre changement structurel concerne le dessert.
L’engouement des Français pour la pâtisserie maison a considérablement élevé le niveau d’exigence. Le dessert de restaurant est parfois jugé plus sévèrement, car il est comparé à ce que les clients savent déjà réaliser chez eux.

Dans ce contexte, le dessert doit apporter une valeur ajoutée claire : une technique, une esthétique, une expérience que le client ne peut pas reproduire. L’impression 3D culinaire permet justement d’explorer des formes inédites, des structures impossibles à réaliser autrement, ou des jeux de matières précis et reproductibles.

Une technologie au service de la rentabilité

Au-delà de l’image et de l’expérience, la question de la rentabilité reste centrale.
L’impression 3D culinaire permet de standardiser certains éléments visuels, de maîtriser les coûts, de réduire le temps de main-d’œuvre sur des décors complexes et d’ouvrir la voie à de nouvelles offres sans alourdir l’organisation en cuisine.

Avec une productivité accrue, l'imprimante 3D Patiss3 permet aujourd'hui de produire jusqu'à 180 pièces par heure et de fabriquer des volumes suffisant pour toute taille de restaurant.

C’est un outil qui s’intègre dans une réflexion globale sur la performance, la différenciation et la cohérence de l’offre.

Conclusion : donner le smile, durablement

Si nous faisons ce métier, c’est avant tout pour faire plaisir.
La technologie, lorsqu’elle est bien utilisée, ne déshumanise pas l’expérience : elle augmente la capacité des chefs à créer du sourire, de l’étonnement et du souvenir, tout en respectant les contraintes économiques de la restauration moderne.

Au travers de ces exemples concrets nous voulions vous montrer la réalité de nos premiers clients. L’impression 3D culinaire trouve aujourd’hui sa place non pas en rupture avec la tradition, mais comme une extension naturelle des outils du restaurateur, au service d’une expérience contemporaine, exigeante et assumée.

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